Perdus cet été, les touristes étrangers reviennent cet hiver dans le Nord et le Pas-de-Calais

Rédigé le 21/12/2021
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Cet été aurait enregistré une baisse de 59 % de fréquentation des touristes étrangers dans la région par rapport à 2019, surtout en métropole lilloise et sur la côte d’Opale, nous apprend l’INSEE. Avec un retour de la clientèle cet hiver.

Y a-t-il eu autant de touristes étrangers cette année que les précédentes ? La question a été posée à des promeneurs habitués de la côte d’Opale, sur la plage de Wissant. « Je dirais qu’il y en a eu plus », témoigne Annick. « On a beaucoup entendu parler flamand », rajoute Yves, natif de la commune.

Pourtant, les chiffres disent le contraire. Selon une récente étude de l’INSEE, la fréquentation des touristes étrangers est en baisse de 59 % par rapport à 2019 dans les Hauts-de-France, totalisant 18 % des nuitées, contre 33 % il y a deux ans sur la période de mai à septembre.« C’est sur le littoral et la métropole lilloise que l’impact est le plus fort, et dans les résidences de tourisme, l’hôtellerie et l’hôtellerie de plein air », signale Sophie Dumortier, de l’observatoire économique du Comité régional du tourisme et des congrès (CRTC).

« On a eu très peu d’Anglais »

À quelques pas de la plage, l’hôtel-logis de la baie de Wissant se fait témoin de la situation actuelle : les étrangers y sont beaucoup moins nombreux, mais ils n’ont pas complètement disparu. Aaniya Zaf est responsable d’hébergement : « On voit beaucoup de Belges, ils sont revenus rapidement même s’ils viennent moins longtemps qu’avant. En revanche, on a eu très peu d’Anglais. »

Ici pas de conséquence économique puisque l’hôtel a de nouveaux habitués : les Français. « Depuis le covid, les gens viennent plus facilement découvrir la côte d’Opale. Peu de temps, mais plus souvent. J’en ai déjà vu venir tous les week-ends pendant cinq semaines. »

Dans d’autres établissements du secteur, le constat est similaire : la saison chaude a été bonne, mais l’hiver est calme, « trop calme », a-t-on soufflé à l’hôtel de Wimereux. « On a beaucoup d’annulations, les étrangers ne viennent plus parce que les conditions de déplacement sont contraignantes », avoue Lucas, le réceptionniste.

Tout le contraire de Lille, où ils ont effectivement été relativement absents cet été, mais pas en ce mois de décembre : « On en a tout de même moins qu’avant le covid, mais le marché de Noël attire beaucoup de Belges et de Hollandais », confie Halinka de l’hôtel de la Treille.

À l’hôtel Brueghel, les touristes étrangers représentaient 25 % de la clientèle en 2019, ce ne sont désormais plus que 5 %. Là aussi, des gens venus d’autres régions françaises les remplacent et les établissements affichent souvent complet pendant les week-ends.

Optimisme hivernal

Quant à l’hôtellerie de plein air, l’INSEE indique que la fréquentation des touristes étrangers reste en retrait de 21 % par rapport à 2019, malgré un rebond de 7 % par rapport à 2020.

En sondant les campings, difficile d’identifier une tendance. Certains ont enregistré 70 % de non-résidents sur la période estivale, d’autres en ont vu peu. « En juillet et août, on a eu que des Belges flamands et des Hollandais, mais c’était surtout des gens de passage pour descendre dans le sud », confie Marcel Delaporte, gérant du camping Le petit clos, à une dizaine de kilomètres d’Orchies.

Malgré les chiffres de l’INSEE, le CRTC est optimiste pour cet hiver  : « On voyait que les étrangers revenaient et les vacances de la Toussaint nous l’ont confirmé, puisqu’on a enregistré une hausse de 4 points de fréquentation des touristes étrangers par rapport au mois de juillet. »