EXTRAIT:
Situés dans le Pas-de-Calais, les caps Blanc-Nez et Gris-Nez offrent, du haut de leurs falaises, un panorama unique aux promeneurs. Mais, avec le réchauffement climatique, ces deux sites emblématiques n’échappent pas au recul du trait de côte.
À une douzaine de kilomètres l’un de l’autre, le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez se dressent face à la Manche. Depuis leurs falaises, par temps clair, on peut voir les côtes anglaises. Le cap Gris-Nez n’est qu’à une trentaine de kilomètres de Douvres. Ces terres balayées d’embruns attirent chaque année des millions de visiteurs. "On s'en prend plein les yeux. Les lumières changent, d'une heure à l'autre. On a des gris, des bleus, des verts, c'est fantastique" s’émerveille une randonneuse en balade, ce jour-là, sur les vertigineuses falaises du cap Blanc-Nez. De ce point de vue époustouflant, on peut aussi voir le ballet incessant des 500 navires qui empruntent, chaque jour, le détroit du Pas-de-Calais, l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde.
Des lieux marqués par les guerres
Le cap Blanc-Nez est également un lieu chargé d’histoire. Un monument, la Dover Patrol, rend hommage aux marins ayant assuré la surveillance du détroit pendant la Première Guerre mondiale. En rejoignant le cap Gris-Nez par le sentier des douaniers, on croise aussi des vestiges militaires de la Seconde Guerre mondiale, notamment des bunkers installés par les forces allemandes. Cette balade de 12 kilomètres permet de découvrir une grande diversité de paysages. Des plages, des dunes, des marais qui offrent des ambiances très différentes selon la météo et les saisons.
Sur la route, vous croiserez peut-être cette ancienne journaliste devenue guide naturaliste. "On a de magnifiques côtes. Il faut bien en profiter parce qu'on ne sait jamais si demain un pan de falaise sera encore là ou pas", prévient Caroline Géneau. C'est effectivement l’envers du décor du travail des éléments sur ces falaises. Elles ont été façonnées pendant des millions d’années par le vent, la pluie et les vagues de la Manche. C’est d’ailleurs ce qui a contribué à rendre les paysages des deux caps si spectaculaires.
Une érosion inéluctable
Mais, aujourd’hui, la Côte d'Opale est l'une des zones où l'érosion est la plus rapide de France. "On a souvent tendance à dire que c'est la mer qui érode la falaise, mais c'est avant tout les eaux de pluie qui contribuent à accélérer son érosion", explique Xavier Douard, chargé de mission au site des Caps. "Les conséquences, c'est qu'on constate régulièrement en hiver ou en fin d'hiver des éboulements", ajoute-t-il. Ces phénomènes s’observent également quand les printemps sont secs avec la rétractation des terrains.
"Avec le changement climatique, c'est compliqué de se projeter. Mais ce qui est sûr, c'est que les falaises vont continuer de reculer. C’est un phénomène qu'on ne peut pas arrêter, qui est inéluctable. Et donc, charge à nous, sur les terrains dont on s'occupe, d'anticiper ce recul et d'aménager notamment les sentiers en conséquence", conclut-il.
"On vous emmène ici" est une émission de découverte du patrimoine qui révèle les trésors cachés et emblématiques de nos régions. Chaque épisode de 7 minutes, tous les soirs dans votre 19/20, vous invite à un voyage immersif au cœur d'un site exceptionnel, mêlant histoire, culture, nature et émotion. "On vous emmène ici" à retrouver sur France.tv.
Retrouvez cet article complet sur: