Éclipse solaire : au cap Blanc-Nez, des centaines de curieux pour « un moment exceptionnel sur un site exceptionnel »

Partagé le 13/08/2026


EXTRAIT:

Ils étaient plusieurs centaines au sommet du cap Blanc-Nez, mercredi soir, pour assister à l’éclipse solaire. Sous un ciel parfaitement dégagé, le soleil a été masqué à 90 % au maximum du phénomène. Pas la même magie qu’une éclipse totale, mais extraordinaire malgré tout.

Personne ne s’y est trompé en venant ici. Le ciel est d’azur, la vue est parfaitement dégagée, et les côtes anglaises sont apparentes comme rarement. Il est 18 h, on trouve encore à se garer sur l’aire de stationnement au sommet du cap Blanc-Nez, mais l’afflux de personnes est continu vers les points d’observation et l’obélisque.

La plupart ont tout prévu. A minima la nappe, au mieux la table et les chaises de camping. Et dame nature n’étant pas boudeuse, elle a décidé de faire coïncider cet événement avec l’heure de l’apéro et même du repas et à ça, l’homo sapiens sait très bien s’adapter : beaucoup ont prévu de quoi boire et même manger.

Venus des quatre coins de la région

On vient des environs, mais aussi des quatre coins de la région vivre l’événement dont on parle tant, ici, à 137 mètres d’altitude. Après l’attente, joyeuse et détendue, les choses sérieuses commencent un peu après 19 h 20. Les quelques centaines de personnes réparties sur le site commencent tour à tour à déballer puis à chausser leurs lunettes de protection.

Première observation d’Arthur, 12 ans, petit cycliste passionné par le ciel : « Je ne pensais pas qu’elles étaient si puissantes et qu’on ne voyait pas du tout le paysage autour ».

La Lune entame sa progression de la droite vers la gauche et semble raboter progressivement le Soleil. Au début, c’est une morsure, puis un croissant. Au fil des minutes la lumière change, la température baisse légèrement. Passé 20 h, le phénomène approche de son maximum, prévu ici à 20 h 13.

On ne voit plus alors qu’un fin croissant de lumière, comme un parapente accroché au sommet du disque solaire. Il fait furtivement crépusculaire, mais pas noir. Derrière son téléobjectif équipé d’un filtre, Lily lance des applaudissements repris par une partie de l’assistance.

« C’est toujours magique »

L’obscuration, qui est alors de 90,7 %, diminue, la lune découvre progressivement le soleil et la lumière redevient plus forte. Certains se lèvent déjà pour se diriger vers les voitures mais beaucoup restent et resteront pour le coucher du soleil, le vrai, et observer la nuit des étoiles. À l’image de Monique, Bernard et leurs petits-enfants, qui passeront ensuite la nuit dans leur van.

« C’est toujours magique les phénomènes naturels », s’enthousiasme Ingrid, venue en famille du Douaisis. « C’était un moment exceptionnel sur un site exceptionnel », appuie Sam, le papa d’Arthur, amoureux de ce littoral où il a toujours vécu. « Une éclipse totale comme en 1999 c’est encore autre chose, car il fait nuit en plein jour, mais ça reste un événement et c’était beau de voir tout ce monde rassemblé, dans cette ambiance douce et agréable », se réjouit Eric, passionné d’astronomie.

Dans les bras de son papa, Isao, six mois seulement, était le plus jeune des « spectateurs ». Il n’a évidemment rien vu de l’événement, mais lors de la prochaine éclipse, cette fois totale, visible depuis la France, en 2081, lui n’aura que 55 ans.