EXTRAIT:
Des poteaux brise-houle, des ganivelles, des plantations d’oyats, en plus de petits rechargements en sable : ça fonctionne pour protéger la dune sud de Wissant. Ces actions vont être prolongées pour sept ans, et elles vont être déployées au nord de la baie, où le trait de côte a beaucoup reculé.
Entre les caps Blanc-Nez (Calais) et Gris-Nez (Boulogne-sur-Mer), les dunes de Wissant vont être renforcées. Le dossier, qui est encore à l’étude sur le bureau des services de l’Etat, prévoit de réensabler la dune au nord de la digue et de renforcer les protections existantes devant la dune sud, durant les sept ans qui viennent. De quoi rassurer, pour quelques années, les habitants, permanents et résidents secondaires, qui vivent juste derrière les dunes. Il y a plus de 300 maisons dans le bas-Wissant.
Annoncé il y a sept ans, le ré-ensablement massif de la baie, avec plus d'1,7 million de M3 de sable et une facture de 35 millions d'euros, n'est plus du tout d'actualité. Il était trop cher et trop incertain en terme de résultats. La stratégie est désormais aux petits pas et cela fonctionne plutôt bien sur la dune sud, assure Benoît Ricour, vice-président de l'association des Amis de Wissant, chargé du trait de côte : "Bien entendu, le sable qu'on remonte, il repart. Mais en globalité, le trait de côte n'a pas reculé depuis sept ans. Il a été stabilisé par les poteaux et par les différentes actions qui ont été faites pour fixer le sable, malgré toutes les tempêtes qu'on a eues depuis sept ans. Donc, ce système-là fonctionne, pour l'instant."
Des tempêtes, il y en a eu 17 durant cette période face aux filets, aux ganivelles (barrières en bois), aux plantations d'oyats et aussi à la dépose des sapins recyclés de Noël. Ces actions complètent les pieux ou poteaux brise-houle en bois, qui vont être renforcés. Et 15.000 M3 de sable sont prévus chaque année pendant sept ans, en commençant dès la fin de cette année, avant les grandes marées d'hiver.
Avant les années 80, Wissant croulait sous le sable
"Je pense que ce sera de toute façon une lutte permanente**,** poursuit Benoit Ricour. Le sable bouge tout le temps. Notre association a été créée en 1958 parce que Wissant s'ensablait ! Aujourd'hui, on a le problème inverse. Il faut être concret. Ce n'est pas une question de théorie. Ce n'est pas parce qu'on va faire ça que ça va forcément marcher. Il faut regarder et en déduire les conséquences. Après, quand il y a urgence, il faut mettre des protections dures, ça c'est sûr. Mais il faut savoir que c'est une solution à court terme. Et quand on a une défense dure, la vague repart certes avec un peu moins d'énergie, mais pas beaucoup moins et en repartant -c'est le ressac- elle emporte le sable."
La stratégie douce, comme sur la dune aval (au sud), sera donc appliquée de l'autre côté de la digue, au nord, sur les terrains que la mairie va racheter pour pouvoir intervenir. Là, le trait de côte a reculé de plusieurs dizaines de mètres. Ce projet, plus mesuré, a aussi le mérite d'être accessible aux finances de la commune, avec les subventions attendues.
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