Depuis le début de l'hiver, un troupeau de moutons Shetland pâture sur le Cap Blanc-Nez, face à la mer. Ils vont rester là à l'année, pour entretenir et préserver ce site unique.
C'est ce qu'on appelle de l'éco-pâturage. Depuis le début de l'hiver, un troupeau d'une trentaine de moutons Shetland est installé sur les falaises et les hauteurs du Cap Blanc-Nez à Escalles (Pas-de-Calais). L'objectif est double, puisque les brebis profitent d'un site unique, tout en participant à la préservation de ce site naturel.
Des moutons rustiques
"C'est la race Shetland. Ca vient d'Ecosse, et ça s'adapte facilement au littoral. Ils n'ont pas besoin d'un herbe riche, une herbe pauvre ça leur convient. Là-bas, sur l'île Shetland, il y a beaucoup de vent, de la pluie, donc ça ne les change pas d'ici", sourit l'éleveur, Julien Doret. Car c'est bien ça l'objectif : les moutons vont rester toute l'année, y compris lorsque les hivers sont rudes. Jusqu'à présent, des moutons boulonnais ou Ile-de-France pâturaient régulièrement sur le Cap. Mais ils ne sont pas assez résistants pour y vivre à l'année.
"On avait des difficultés à intervenir sur toutes les parcelles de façon efficace. On était obligés de tourner très régulièrement sur les parcelles, et le pâturage était beaucoup moins efficace que ce qu'on va pouvoir retrouver avec du pâturage hivernal", explique Vincent Répillet, chef de secteur à Eden 62, le syndicat qui gère le site avec le conservatoire du littoral.
Préserver les pelouses typiques du Cap
Si le site du Cap Blanc-Nez est unique, c'est parce que la végétation pousse sur un sol en craie. Les pelouses calcaires sont en danger, remplacées petit à petit par des brachypode, sortes de mauvaises herbes. En installant des moutons l'hiver, ces derniers vont pouvoir manger les brachypodes. "Dès les premiers jours du printemps, le mouton va pouvoir aller choper les premières pousses de brachypodes. On est sur un milieu très rare en région, et on a ce devoir de le préserver", ajoute Vincent Répillet.
En attendant, les moutons eux profitent d'une vue exceptionnelle sur ces 60 hectares de prairie. "Ils sont bien, vue sur la mer, ils ne peuvent pas rêver mieux", sourit Julien Doret. Une vingtaine de petits agneaux sont nés ces derniers jours. Et le troupeau va s'agrandir : d'ici quelques semaines, on pourra croiser 100 à 150 brebis sur le Cap Blanc-Nez.
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