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Le "13 Heures découverte" vous emmène en Côte d'Opale, entre le cap Blanc-Nez et le cap Gris-Nez, un total de 12 kilomètres de littoral face à l'Angleterre, qui recèle de nombreux trésors.
Majestueux du haut de leur falaise. Au sud de Calais, le Cap Blanc-Nez et le Cap Gris-Nez, indiquent le chemin aux marins. Sentinelles des mers, à quelques kilomètres l'un de l'autre, ils se dressent face au large depuis des millions d'années. Exposés aux tempêtes, ils sont la fierté des habitants de la Côte d’Opale.
"Le Blanc-Nez, qui n'est pas mon préféré, on peut y faire de superbes balades. En revanche, pour mes activités de pêcheur, le cap Gris-Nez est largement mieux placé", nous indique-t-on. "Toutes ces falaises, les dunes, ça fait 18 ans que je suis là, mais c'est jamais pareil au final. On s'en met plein les yeux, les lumières changent. D'une heure à l'autre, ça a changé. On a des gris, on a des bleus, on a des verts. C'est fantastique !"
Une famille installée au cap Blanc-Nez depuis les années 50
Au pied du cap Blanc-Nez, comme chaque matin, Lucie nourrit les charolaises du troupeau de son père. Dans la ferme Saint-Pô, la famille Fourdinier possède un cheptel de 200 vaches et 110 hectares. "C'est une vache qui est née ici à la ferme. Maintenant, elle a presque 8 ans et au final, elle aime toujours autant se faire caresser", explique la jeune femme.
Après le travail, père et fille aiment marcher jusqu'à la mer. Par temps clair, ils aperçoivent les côtes anglaises à une trentaine de kilomètres. "Là, juste en face, c'est Douvres. Et sur l'Angleterre, on dirait qu'il y a du soleil, parce que la falaise, elle est bien blanche. Je suis né ici il y a bientôt 58 ans. De la famille, je suis celui qui a passé le plus de temps à la ferme de Saint-Pô. Parce que mon grand-père est arrivé en 51, ici", raconte Laurent Fourdinier.
Venue de la Somme dans les années 50, la famille n'est jamais repartie. Attachée à cette terre balayée d'embruns, une transmission entre les générations réussie. "J'ai 18 ans et le mieux que j'espère, ça serait de pouvoir rester dans cette ferme entre les deux caps. J'ai toujours été ici et que j'aimerais pouvoir continuer après mon arrière-grand-père, mon grand-père et mon père", confie Lucie Fourdinier.
Une terre d'Histoire, du Moyen Âge à la Seconde Guerre mondiale
Quelque 500 navires croissent au large tous les jours. Le détroit du Pas-de-Calais est le deuxième le plus fréquenté au monde derrière celui de Malacca en Malaisie. Au XIVe siècle, la plage de Wissant, au pied du cap Blanc-Nez, est un port incontournable. "Il faut vous imaginer, au Moyen Âge, un grand port, le plus grand port de tout le nord de la France, alors que Calais n'existait pas. C'était un port qu'utilisaient les Anglais pour faire le pèlerinage. Ils partaient de Wissant et après ils allaient jusqu'à Rome, Saint-Jacques de Compostelle", explique Franck Dufossé, historien.
Le port de Wissant a périclité avec la guerre de Cent ans. Au sommet du Cap Blanc-Nez, impossible de rater un monument dédié au conflit de 14-18. Le Dover Patrol, la patrouille de Douvres, rend hommage aux 25 000 bateaux britanniques et français engagés dans les combats contre la marine allemande. Le site est aussi un haut lieu de la Seconde Guerre mondiale.
"Pendant la Seconde Guerre mondiale, on est dans le secteur, ici, le plus fortifié de tous les murs de l'Atlantique. Et ça a demandé beaucoup de sacrifices de la part des troupes canadiennes pour libérer ce territoire. Et ça n'a été libéré qu'à la fin du mois de septembre 1944", pointe Franck Dufossé.
Aujourd'hui, quelques brebis montent la garde sur les vestiges du passé. La nature a repris sa place impérieuse. Pour rejoindre le cap Gris-Nez, 12 km font le bonheur des randonneurs. Par tous les temps, le sentier des douaniers vaut le détour. "On est confronté aux éléments aujourd'hui, ça fait du bien, on a le rose aux joues, c'est merveilleux, c'est tonique", assure un promeneur.
Caroline Géneau est une ancienne journaliste reconvertie en guide nature, qui constate tous les jours à quel point cette côte est fragile : "On est ici sur ces magnifiques côtes et il faut s'en mettre plein les yeux parce qu'on ne sait jamais si demain le pan de falaise sera encore là ou pas. Avec le vent, avec la pluie...", souligne-t-elle.
Un foisonnement d'espèces marines
Au pied des falaises du cap Gris-Nez, une chasse au trésor commence pour Roger Paradis, qui connaît cette plage comme sa poche depuis l'enfance. "Ici, c'est une petite huître sauvage. Elle est petite, peut-être cet été elle sera assez consommable", explique-t-il. Ce rivage foisonne de vie, chaque saison dévoile ses richesses à ce pêcheur à pied. "On a l'étrille, le tourteau, le homard, l'araignée qui vient nous rendre visite entre juin et juillet", énumère Roger. Des pratiques de pêche éternelle auxquelles l'ont initié ses ancêtres. "Cette plage, je la connais depuis ma naissance. Et mon grand-père m'a emmené partout. Il m'a initié à la pêche. Il m'a initié à cette soif de découverte aussi. Chercher, trouver des espèces. Bon, et puis après ça, j'en ai fait une passion", confie-t-il.
Comme ce pêcheur, près d'un million de visiteurs succombent chaque année aux charmes des caps. Impossible de résister à toutes les nuances de bleu de la Côte d’Opale, si bien nommée.
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