80 ans de la Bataille d'Angleterre : à Audembert, sur les traces de l'ancienne base d'Adolf Galland, as de la Luftwaffe

Rédigé le 13/07/2020
Source: France 3 Hauts de france
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Juillet 1940, Seconde Guerre Mondiale. La Bataille d'Angleterre a débuté et la Jagdgeschwader 26 , redoutable escadre de chasse allemande, installe son champ d'aviation dans le village d'Audembert (Pas-de-Calais). Nous sommes partis sur ses traces et celles de son Kommodore Adolf Galland.

La scène se déroule en 1966. Une équipe de télévision réalise pour l'ORTF un documentaire sur la Bataille d'Angleterre de 1940, épisode majeur de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se présente à un rendez-vous sur le tarmac de l'aérodrome de Calais-Marck, où un homme les attend à bord d'un petit avion de tourisme. La cinquantaine, brun, cheveux gominés et petite moustache, il porte une veste et une cravate à rayures qui siéent à ses activités de représentant en assurances.

Cet homme, c'est Adolf Galland, l'as allemand aux 104 victoires, pilote redoutable et ex-officier de haut rang de la Luftwaffe qui devint, pendant la Seconde Guerre Mondiale, le commandant de la chasse du Reich allemand. Son patronyme français lui vient d'un ancêtre huguenot.



"J'ai vécu dans le Pas-de-Calais pendant une année et demi", raconte-t-il devant la caméra, avec un fort accent germanique. "Je vais vous montrer où était mon escadre", propose-t-il, en souriant, à l'équipe de télévision qui embarque à bord de son appareil.

De là haut, les souvenirs défilent au rythme des paysages de la Côte d'Opale. "Il y avait au moins une trentaine de terrains d'aviation autour de Calais", décrit Galland, aux commandes de son coucou. "Sans compter la plage ! La plage était remplie de carcasses d'avions qui avaient atterri en détresse".

Celui qui terrorisait les aviateurs britanniques à bord de son Messerschmitt vire maintenant vers l'intérieur des terres, où les maisons d'un petit hameau retiennent immédiatement son attention. "Voilà mon terrain !", s'exclame-t-il soudain, dans une joie presqu'enfantine. "Audembert ! Vous voyez les abris pour les avions ? Nous décollions d'ici, comme ça...". Et l'Allemand de mimer une spirale ascendante avec sa main.  


Les derniers vestiges de l'aérodrome d'Audembert 

Ce hameau qu'Adolf Galland est venu de nouveau survoler, plus de 20 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, s'appelle le Colombier. Il est situé à l'ouest du village d'Audembert.


Aujourd'hui, seul un oeil attentif et averti permet de déceler, le long de la départementale 238, les derniers vestiges de l'ancienne base aérienne de la Luftwaffe qui fut l'une des principales têtes de pont de l'aviation allemande pendant la Bataille d'Angleterre, entre le 10 juillet et le 31 octobre 1940.

A un carrefour, derrière une clôture, on peut ainsi apercevoir une butte, où affleurent quelques blocs de bétons, couverts par la végétation. Ils marquent l'entrée d'un bunker, désormais condamné.




Un peu plus loin, au lieu-dit du Breuil, deux allées parallèles mènent vers un gîte rural. Elles sont l'héritage des "taxiways", les voies de circulation de l'aérodrome d'Audembert, que les Allemands et les Britanniques appelaient aussi "Wissant", du nom de la station balnéaire voisine.



Le long d'une de ces allées, on découvre sous les arbres quelques murs en béton : il s'agissait des hangars qui abritaient les Messerschmitt B109 de la Jagdgeschwader 26 (JG26), l'escadre de chasse d'Adolf Galland.

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