Côte d'Opale : le fort d'Ambleteuse est candidat à l'Unesco

Rédigé le 07/01/2021
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Dans le Boulonnais, le fort d’Ambleteuse lance sa candidature pour figurer sur la très convoitée liste du patrimoine mondial de l’Unesco. La fortification, créé en 1690 par Vauban, est l’une des toutes dernières en mer, en Manche. Un fort sauvé, et entretenu depuis 50 ans, par des bénévoles.

Cette candidature est très ambitieuse. Elle est née de la décision de la ville de Lille de ne plus chercher à faire labelliser sa citadelle, au patrimoine mondial de l’Unesco. La candidature d'Ambleteuse est donc une sorte de contre-pied. 

L'idée est également de venir en renfort du Quesnoy, dont la citadelle se trouve désormais un peu isolée dans la région, avec sa candidature. Rappelons que dans l’héritage de Vauban, le grand architecte des fortifications de Louis XIV,  aujourd’hui, au patrimoine mondial, il n’y a qu'Arras, dans la région !  Il y a donc encore de la place pour d’autres et notamment Ambleteuse. 

Un grand port contre les Anglais

Jean-Yves Méreau est Président de l’Association qui a racheté le fort en 1970 : "Louis XIV avait le projet d'un grand port de guerre, dans l'estuaire de la Slack, pour compléter les fortifications de Dunkerque et de Gravelines. Il s'agissait de verrouiller tout le littoral, contre les flottes anglaise et hollandaises."

"Le fort d'Ambleteuse est un objet unique, poursuit, Jean-Yves Méreau. Il n'y a pas d'autres forts en mer, en dehors de Saint-Malo. Un fort qui soit sur un île et donc véritablement entouré d'eau."

Et puis Ambleteuse est aussi l'histoire d'un sauvetage unique. Le fort, qui appartient à une association, a fait l'objet de nombreux travaux, gérés par des bénévoles. Déjà plus de 2,7 millions d'euros de travaux ont été entrepris et en ce moment, c'est un chantier de 500.000 euros qui est en cours. 

Peu de chances de réussite

Les chances de voir cette candidature à l'Unesco aboutir sont infimes. Mais, de toute façon, il n‘y pas d’enjeu financier ou de survie autour du fort, puisque l’Unesco n’apporte pas d’argent. C’est juste un label, qui serait une reconnaissance et ferait venir plus de touristes. Un coup de projecteur que la candidature, en elle-même, suffira à donner.

Le problème c’est qu’Ambleteuse a déjà été recalée, de façon un peu informelle, il y a quinze ans, par les experts de l’Unesco. Argument principal : le fort a été transformé -trop transformé- par Napoléon, puis par les Allemands. 

Un comité de soutien

Et puis le fait que cet ouvrage soit la propriété d’une petite association de bénévoles et non d’une grande institution n’aide surement pas. Jean-Yves Méreau et son équipe font donc peut-être tout ça pour rien. Mais ils cherchent à obtenir des soutiens de poids. 

Les élus locaux sont déjà de la partie, mais aussi -et c’est très important- le Parc marin et le Conservatoire du littoral, qui gèrent l’estuaire de la Slack et les dunes avoisinantes. La prochaine étape sera de constituer un dossier scientifique, ce qui va prendre des mois.