Blériot-Plage: nouveau sursis pour les chalets, autorisés à rester jusqu’à la fin de l’été

Rédigé le 28/02/2021
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Bonne nouvelle pour les propriétaires de chalets qui ont adhéré au projet de nouvelle concession porté par la municipalité : leurs chalets, qui doivent disparaître à terme, ne seront pas démolis le mois prochain comme annoncé par l’État. Ils pourront encore profiter de leur cabane de plage, telle qu’elle existe aujourd’hui, jusqu’à la fin de l’été.

«  J’ai rencontré la sous-préfète ce (vendredi) matin. Suite à ma demande, elle accepte que les propriétaires qui ont donné leur accord pour le démontage de leur chalet et, par conséquent, accepté le projet de nouvelle concession de plage porté par la municipalité, puissent encore profiter de leur chalet cet été », rapporte Guy Allemand qui ne cache pas sa satisfaction. Lors des réunions avec la sous-préfecture, de nombreux propriétaires avaient réclamé un sursis jusqu’à la fin de l’été. Les travaux sur le front de mer calaisien, dans le cadre du projet de requalification de la plage, mais aussi le risque d’un nouveau confinement qui se profile à l’horizon, ont convaincu Véronique Deprez-Boudier, la nouvelle sous-préfète, de repousser la destruction des chalets à septembre prochain, laissant les propriétaires profiter d’un dernier été dans leur cabane en bois.

« Une majorité d’accords »

Sans cela, la démolition – mise en œuvre et prise en charge financièrement par la ville de Sangatte via une subvention de l’État –, aurait dû avoir lieu à partir du 1er mars, date ultime à laquelle les propriétaires de chalets devaient avoir donné leur accord pour le démontage ou la destruction de leur bien. À ce jour, la grande majorité d’entre eux ont donné leur accord. « On n’est pas loin des trois quarts qui ont souscrit, précise le maire. On a pris 192 contacts et on a rencontré 95 personnes ». Aux propriétaires qui ont à ce jour refusé de souscrire, le maire rappelle qu’ils se verront « dresser un procès-verbal » pour «  occupation illégale », comme l’indiquait le courrier de l’État, via la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Pour rappel, la loi Littoral impose la disparition des chalets de Blériot-Plage (213 sur 233) afin de « renaturer l’espace naturel remarquable au pied des dunes   » (entre le parking de Blériot et l’entrée de Sangatte).


Pour les Castor, ce délai «n’est pas une surprise»

« On le savait, ce n’est pas une surprise. On savait que cette échéance du 1er mars était une date fictive. C’était juste pour mettre une nouvelle pression sur les propriétaires et les criminaliser pour ne pas avoir adhéré au projet de la mairie », assure Loïc Lassalle, président de l’Association des Chalets Castor, vivement opposé au projet de la mairie. « De toute façon, ils n’ont pas les moyens techniques pour déplacer nos chalets ».

Requête devant la justice

L’association, qui défend la préservation de ce patrimoine local, a lancé auprès du tribunal administratif de Lille une « requête introductive d’instance  » pour demander « l’annulation des délibérations » votées lors du conseil municipal du 15 décembre dernier qui prévoient la démolition d’une grande partie des chalets et le lancement de la convention visant à la remise en l’état naturel de la plage de Blériot-Plage, là où se trouve la majorité des chalets. Parallèlement, les Castors ont fait une demande pour inscrire leurs biens à l’inventaire de la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Avec ce statut, « un statut légal pourrait être accordé à nos chalets ». Pour rappel, en 2018, dans le but de protéger les chalets, l’association des chalets Castor de Blériot-Plage avait demandé leur inscription au patrimoine régional auprès de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles). Elle avait essuyé un refus.