Pourquoi j’ai été interpellée par la police... de l’environnement

Rédigé le 20/04/2021
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Au cours d’une petite balade sur l’estuaire de la Slack, des policiers nous ont interpellées mes amies et moi mais ce n’était pas pour le port du masque, c’était pour nous parler du Gravelot.

Le Gravelot, kézaco me direz-vous  ? Et vous aurez raison car moi aussi je péchais par manque de connaissance. Une fois la petite phrase d’usage débitée  : « Vous savez pourquoi on intervient  ? » Je m’apprêtais à faire mon méa culpa pour le «non-port» du masque et à empocher ma contravention avec humilité quand surprise, le policier s’est présenté à nous  : « Police de l’environnement. Nous vous avons interpellées car vous avez marché sur une zone protégée. Entre ces piquets se trouve la zone de nichage du Gravelot. Vous le connaissez je suppose ! » Le policier nous présente alors un prospectus avec un mignon petit oiseau sur la première page  : Le Gravelot.

Si on est habitué à se balader sur les plages de galets, entre la pointe aux Oies (au sud de Wimereux) et Ambleteuse, on le connaît forcément. Sauf qu’on n’a jamais pris la peine de connaître son petit nom...

Apprenez donc que c’est un Gravelot à collier interrompu (Charadrius Alexandrinus). Un petit oiseau des plages très discret (normal il est minuscule !) qui vit sur les hauts de plage où se trouvent les laisses de mer (accumulation par la mer de débris naturels ou d'origine anthropique), les plages sableuses et les dunes.

Et il est si petit, que le voir, surtout quand il niche, demande un effort particulier d’observation.

(ne pas) Marcher sur des œufs

Les policiers étaient là, parce que ce petit farceur, c’est en ce moment qu’il pond (d’avril à mi-mai), à même le sable, sur l’estuaire de la Slack, à quelques mètres du fort d’Ambleteuse, là où débouche le chemin quand on arrive du parking de la baie de la Slack.

Et il pond des œufs si petits (trois, pour être précis), et si comparables à des galets, que vous pouvez imaginer sans peine la galère que c’est pour éviter de les écrabouiller par inadvertance...

De mai à juillet, les poussins vont quitter le nid quelques heures après l’éclosion. L’élevage des poussins dure quatre semaines après l’éclosion, jusqu’à l’envol.

Mais, pourquoi diable y avait-il des piquets sans grillage me direz-vous  ? Facile me répond le policier, nous venons juste de baliser la zone, une canisse viendra bientôt entourer la zone. «  Mais la prochaine fois, si on vous y reprend, ce sera la contravention hein Mesdames  ! »

En résumé, prenons soin de nos petits amis, c’est une espèce protégée et l’atteinte à ces spécimens est fortement sanctionnée par la loi. Respectons les zones balisées, qu’on se le dise  !