A Wissant, des maisons menacées par l’érosion de la dune

Rédigé le 14/08/2021
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Le beau village côtier se demande comment empêcher le recul du sable et protéger les résidences secondaires.

Niché entre les caps Blanc-Nez et Gris-Nez, Wissant (Pas-de-Calais) est un petit paradis resté sauvage, prisé des kitesurfeurs et des planchistes. Un havre menacé depuis les années 1990, quand des blockhaus ont été enlevés, laissant les tempêtes emporter le sable des dunes.

Brigitte Couhé, de l’association Les amis de la baie de Wissant, a vu la dune d’aval reculer inlassablement : « Notre maison était à 250 m des dunes. Elle est à 40 m désormais. » Elle prône des solutions douces, mais les avis divergent.

Détruire 200 maisons ?

Thibaut Segard, le maire de la commune voisine de Tardinghen, milite pour la destruction de plus deux cents maisons de Wissant afin de réduire les coûts de protection. Avec l’aide d’un menuisier, il a conçu des modules en bois, sortes de caissons remplis de sable et en a fait installer dans sa commune il y a quelques années avec succès. Quelque 400 m de protections viennent d’être implantés à Tardinghen et 100 m à Wissant, sur la dune d’amont, afin de protéger un blockhaus servant de rempart à la pompe de la station d’épuration. Facture pour la communauté de communes : 100 000 euros.

« Pas question d’abandonner un quart de la commune sous prétexte que ce sont des résidences secondaires, réplique la maire de Wissant Laurence Prouvot. D’autant que nous ne sommes pas en submersion marine. Je n’ai pas été élue pour ça. »

Régulièrement, des actions de réensablement sont réalisées sur la dune d’aval. « Nous devions installer des filets coco au printemps 2020. À cause de la pandémie, ils ont été posés en août et n’ont pas eu l’effet escompté », reconnaît la maire. À l’initiative de l’Association des élus du littoral, des prévisions à l’horizon 2100 doivent être effectuées et des propositions faites. « Nous voulons rester positifs », assure Laurence Prouvot.