"C'est un moment de joie, comme une fleur qui s'épanouit en moi", des vacances pour les plus démunis à Wissant

Rédigé le 19/08/2021
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Chaque année, l'association les Petits frères des pauvres emmène en vacances 4 000 personnes âgées et vulnérables. Des séjours à la mer ou à la campagne qui permettent aux bénéficiaires de se ressourcer et briser la solitude. Reportage à Wissant dans le Pas-de-Calais.

"Les choses les plus simples, sont souvent les plus belles", s'enthousiasme Catherine avant d'aller se promener sur le bord de mer. Comme elle, ils sont une petite bande de huit vacanciers de plus de 50 ans à profiter d'un séjour organisé par les Petits frères des pauvres à Wissant (Pas-de-Calais). L'association dispose de quatorze maisons, sur tout le territoire, pour offrir une pause estivale aux plus démunis qui souffrent d'isolement. La veille, un groupe originaire de Lille, accompagné de bénévoles, a donc posé ses valises pour une semaine dans la villa Maris-Stella pour profiter des plaisirs de la côte d'Opale.

Rompre la solitude et faire oublier un quotidien difficile

Les vagues, les dunes, la brise marine, derrière ses lunettes de soleil, Christian contemple le paysage en souriant : "C'est magnifique ! La nature, les oiseaux… C'est un moment de joie, comme une fleur qui s'épanouit en moi. Cela me fait du bien car avant ma vie n'était pas belle", dit pudiquement cet homme de 62 ans qui a connu la rue et la violence durant son enfance. "Aujourd'hui, les Petits frères des pauvres, c'est ma vraie famille. Ils me tendent les mains, c'est incroyable de voir des gens aussi gentils que ça."

Le but de ces vacances c’est justement d’oublier son passé cabossé, oublier aussi un quotidien modeste rempli de solitude, raconte André dans son fauteuil roulant : "Je suis content d'être ici, parce qu'à la maison, je suis toujours au lit, toujours seul, hormis mon petit chien et les soignants qui s'occupent de moi. Ca m'égaye d'être avec du monde, de pouvoir jouer à des jeux de société. Je serai déçu quand on arrivera au dernier jour des vacances confie André, car après je sais que ce qui m'attend : c'est de nouveau le lit toute la journée".

"Il faut du bonheur dans l'assiette"

Pour l'heure, les vacances viennent de commencer avec au programme :  la découverte du Cap Gris-nez, une promenade en bateau, ou encore un restaurant entre amis. "C'est formidable, car l'expression de leur visage change durant le séjour. On voit du bonheur, du plaisir d'être ensemble, de parler, de l'élan. Il y a tellement de choses dans les yeux de ces gens", s'émeut Gabrielle, bénévole aux Petits frères des pauvres. 

En rentrant de la plage, les odeurs de cuisine embaument la villa. Aux fourneaux, un cuisinier concocte chaque jour de petits plats généreux : "Au menu, ce midi, petit apéro de bienvenue, bavette à l'échalotte accompagnée de haricots plats à l'ail et pommes de terre grenaille et un framboisier en dessert. On est là pour leur faire plaisir, faut du bonheur dans l'assiette", claironne le chef en servant le déjeuner. 

Les repas sont un moment de partage particulièrement important, souligne Audrey Diacre, la responsable de la maison : "Certaines personnes que nous accompagnons ne se font plus à manger à la maison, soit parce qu'elles n'ont plus cette envie-là, soit parce qu'elles n'en ont pas les moyens. Donc quand ils viennent chez nous, on les chouchoute un peu. Ils nous disent tous qu'ils sont repartis avec quelques kilos à la fin du séjour, et ça nous fait tellement plaisir."