Pourquoi le VTT sur sable séduit de plus en plus de routiers l'hiver ?

Rédigé le 28/11/2021
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Dans l'ombre de la saison de cyclo-cross, des courses de VTT sur sable rassemblent de plus en plus de routiers à l'intersaison, à l'image des Belges Lampaert et Declercq chez Deceuninck-Quick Step. Comment expliquer cet engouement ? Éléments de réponse avant le Championnat de France dimanche à Berck-sur-Mer avec le Nordiste Samuel Leroux, tenant du titre.

Samuel Leroux, champion de France sortant de cyclisme sur sable (beach race), nous explique les bienfaits de cette discipline avant de défendre son titre ce dimanche à Berck-sur-Mer.

Pour maintenir un esprit de compétition

« J'ai repris les courses sur sable début novembre à Wissant (près de Boulogne-sur-Mer, sur la Côte d'Opale) où j'ai gagné. Je n'ai laissé au garage un vélo que quinze jours, entre ma dernière compétition sur route, les Boucles de l'Aulne, que j'ai disputée avec mon équipe (Xeliss-Roubaix Lille Métropole) et la reprise de mon entraînement de VTT sur sable. Je suis quelqu'un qui aime ressentir l'adrénaline de la compétition. Il me faut un but le week-end pour m'entraîner la semaine. Les courses font entre 40 et 60 kilomètres, ça représente entre 1h20' et 2 heures d'effort, c'est parfois quarante minutes plus long qu'une épreuve de cyclo-cross, alors que c'est tout aussi violent en termes d'intensité. »

Pour améliorer sa technique de pilotage

« En général, 80 % de chaque circuit (de 10 à 20 kilomètres) se disputent sur sable dur. Si on a le vent dans le dos, on peut rouler à très haute vitesse le long de la mer, avec des pointes à 60 km/h. Dans ce cas, c'est plus dangereux à cause du risque de chute. Les départs se font en peloton et les courses mêlent professionnels et amateurs (ils seront 400 dimanche, à 11h00, à Berck-sur-Mer pour le Championnat de France, dont 50 professionnels ou Élite). Ces derniers sont moins habitués à rouler en groupe, du coup il faut rester très vigilant sur des changements de trajectoire par exemple au moment d'éviter les mares d'eau laissées par la marée descendante.

Les 20 % restants, c'est ce qu'on appelle du sable mou, quand le parcours nous emmène sur la digue, là où les différences se font. Dans les dunes, le but est d'arriver le plus vite possible, de mettre du braquet, puis de suivre les traces pour garder le meilleur rendement possible, ne pas être trop ralenti par le sable. Il faut être détendu au niveau des bras et mettre de la souplesse dans son pédalage. Mais parfois, c'est trop dur et on est obligé de franchir les dunes à pied. »

Pour travailler les coups de bordure

« Le week-end dernier, j'ai disputé l'une des plus grandes épreuves d'Europe à La Panne, en Belgique (il a fini 5e). Le vent venait de la mer. Deux coureurs de l'équipe Deceuninck-Quick Step étaient au départ, Yves Lampaert et Tim Declercq. On connaît leur faculté pour mettre tout le monde dans le rouge sur la route et ça n'a pas loupé ! Sur le sable dur, ils ont accéléré et serré tout le paquet contre la digue, sur le sable mou, là où il y a moins d'adhérence pour les pneus. Le peloton s'est étiré, on était à la limite. De cinq cents coureurs au départ, on n'était plus que douze devant au bout de quelques kilomètres de course. Un gros coup de bordure. C'était spectaculaire. »

Pour être au sommet de la vague

« Les courses de VTT sur sable sont très populaires aux Pays-Bas, il y en a tous les week-ends pendant la saison hivernale. Des pros comme Niki Terpstra ou Cees Bol y participent. En Belgique, il y en a une dizaine. En France, ç'a débuté en 2007 avec l'Open de France de Berck-sur-Mer. Depuis, on en compte quatre ou cinq. J'ai disputé mes premières courses sur sable en 2011 quand j'étais junior, mais je me prenais des raclées par les Belges, ils volaient sur le sable ! J'ai vraiment pris les choses au sérieux pendant l'hiver 2016-2017, en investissant aussi dans le matériel. Chaque année le niveau augmente.

À l'entraînement, je fais de la route et du VTT toute la semaine. Le VTT sable, c'est plus un truc de routier, il faut avoir de la force. Les spécialistes du chrono sont avantagés. C'est moins technique que le cyclo-cross. Il faut savoir rouler vite. Un routier aura plus de facilité à faire du VTT sable que du cyclo-cross. J'admire des coureurs comme Mathieu van der Poel ou Wout van Aert. Ce sont des talents purs. Si on leur retire le cyclo-cross ou le VTT, dans leur tête, ça n'ira pas. Ça fait partie de leur bien-être. Et puis ça les rend plus forts sur la route. Les images de leur duel sur le sable d'Ostende lors du dernier Championnat du monde (fin janvier) ont donné un nouveau coup de projecteur au cyclisme sur sable. C'est sûr qu'on en a bénéficié. »