Sur les traces de Charles de Gaulle, à Wissant

Rédigé le 20/03/2022
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Vous saviez peut-être qu’un grand nom de la musique, la littérature ou la politique avait un lien avec un lieu près de chez vous. Mais le « Guide mondain des villages de France » revisite les empreintes laissées par ce passage d’une manière instructive et inattendue. Aujourd’hui, les étés de Charles de Gaulle, en costume-cravate, sur la plage de Wissant, dans les années 1920.



1. La mer, un souvenir d’enfance

« Accrochez-vous, ça va tanguer ! » Le journaliste et historien Jean Lacouture le pense : son « goût des métaphores maritimes », Charles de Gaulle, « cet homme des tempêtes l’a retiré de ses longs séjours à la mer ». La première rencontre avec la mer du « petit Lillois de Paris », comme il aimait à se nommer, remonte à l’enfance, quand toutes les vacances d’été passées avec les cousins, chez sa grand-mère, à Lille, se prolongeaient sur la côte d’Opale. À Wimereux, la station balnéaire prisée des grands industriels du Nord, où son grand-père Jules Maillot avait fait construire vers 1900 la villa Saint-Patrick, en référence aux origines irlandaises de la famille. « La matinée était consacrée à la plage de Wimereux où l’on se baignait pendant un quart d’heure en respectant un délai de deux heures et demie après le petit déjeuner. En début d’après-midi, il fallait d’abord se sacrifier aux devoirs de vacances sous la surveillance d’un parent, puis on partait pour une promenade dans l’arrière-pays » (1) Combien d’enfants continuent de construire des châteaux de sable sur les traces du petit de Gaulle, au pied des villas, au gré des marées...


2. Une rencontre amoureuse

« C’est après avoir épousé la Calaisienne Yvonne Vendroux, en 1921, que le capitaine de Gaulle, un officier d’infanterie sorti de Saint-Cyr, commence à fréquenter Wissant », rapporte Matthias Debureaux, l’auteur à vélo du Guide mondain des villages de France. Fille de riches industriels – les biscuits Vendroux –, enfant, Yvonne passait aussi ses vacances à Wimereux. Des années plus tard, devenus jeunes parents, ils préféreront la plage de Wissant. « Le couple loue d’abord une villa proche de la plage, La Wissantaise. Mais, gênés par les allées et venues des vacanciers, ils choisiront l’été suivant, une villa plus en retrait. » La villa Antoinette.



3. Anne et l’immensité

« Le climat tonique de la côte d’Opale convient à "la pauvre petite Anne", leur troisième enfant, qui est trisomique », écrit Matthias Debureaux. Les de Gaulle ont trois enfants : Philippe, Élisabeth et Anne, née en 1928. Anne est atteinte d’une forme grave de trisomie sévère. Sur les rares photos du général, prises dans l’intimité familiale, son père, immense, marche en lui tenant la main. Un autre cliché, plein de tendresse, le montre sur la plage, en costume-cravate dans un transat, coiffé d’un chapeau, la fillette en costume marin sur ses genoux, les deux se regardent intensément. « Charles lui chante des comptines et joue avec elle, assis sur une chaise longue, face à l’océan. » Ces vacances à la plage sont aussi le lieu de longues promenades au long des caps Gris et Blanc-Nez, et de travaux d’écriture. « J’ai toujours aimé l’immensité de la mer. Il me semble que ma pensée se développe mieux quand mon horizon n’est pas bouché », cite l’auteur du guide.



4. Un regret

L’été 1932 est le dernier été que le couple passera en vacances à Wissant. L’année suivante, le couple achète une propriété à Colombey-les-Deux-Églises. À Wissant, « quelques habitants regrettent encore que, dans les années 1920, le futur général n’ait pas eu les moyens d’acheter, comme il l’aurait souhaité, la villa Antoinette », relève Matthias Debureaux. « Mais jusqu’à la fin de sa vie, le général de Gaulle profitera de ses séjours chez sa belle-famille, à Calais, pour arpenter le rivage de la côte d’Opale, entre Sangatte et Wissant. »