Jules Denel : "Je ne suis qu'au début de ma carrière dans ma tête !" (Interview)

Rédigé le 14/10/2022
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A 32 ans, Jules Denel a éclaboussé de son talent cette saison le circuit PWA Wave 2022. Récent neuvième à Sylt, le Nordiste s'est classé à la onzième place au ranking annuel (3e Français derrière Thomas Traversa et Antoine Martin). Son deuxième meilleur résultat depuis ses débuts professionnels (7e en 2013). De quoi donner à FRA-41 un sérieux coup de boost pour la suite... Jules Denel s'est confié en interview à Windmag ! 
 
- Jules, tu as terminé la saison PWA Wave à une superbe 11e place au ranking, ton deuxième meilleur classement mondial depuis tes débuts. Quels sentiments t'animent aujourd'hui par rapport à ce résultat ? 
 
C’est un super résultat par rapport au ranking duquel je suis parti. Quand tu es à la quinzième place mondiale, c’est hyper dur de venir accrocher les places de 8, 9, 10 ou 11 car tu ne te prends que des tableaux de ouf ! 
Quand je regarde ce que j’ai réalisé cette saison, mon sentiment est que je n’ai pas vraiment fait d’erreurs.
Lors de chaque heat, j’ai réussi à être entre quasiment 90 et 100% de ce que je voulais produire, par rapport aux conditions, à mon niveau etc. 
C’est vrai que soit je gagnais mes heats assez confortablement, ou alors je perdais vraiment de très très peu contre mes adversaires. Disons que je n’ai pas pris de grosses « branlées » et je ne suis pas passé à côté de mes heats… à part lorsque j’étais contre des Ricardo (Campello) à Pozo ou à Sylt, où là je me suis fait éclater mais il a fait un heat de dingo ! 
 
Le sentiment que j’ai, c’est que j’ai mis de l’intensité dans tous mes heats, il fallait vraiment que les mecs fassent de superbes performances pour me sortir. C’est ma fierté cette saison !
Je n’ai pas eu des tableaux faciles, je suis content d’avoir réussi à finir à cette 11e place au général, en étant constant tout au long de la saison.
Nous avons eus trois épreuves complètes, avec du bâbord, du tribord, des conditions side on, side off… On a fait des doubles éliminations quasiment partout sauf à Sylt où l’on n’a pas pu la terminer.
Ce tour PWA 2022 manquait encore d’évènements, mais nous avons pu disputer trois events bien différents.
Cela a permis d’avoir un ranking assez cohérent.
 
- Qu'est ce qui a fait pencher la balance dans le bon sens cette année, au terme de ces trois épreuves à Cabo Verde, Pozo et Sylt ?
 
Je pense que je commence à avoir de l’expérience, je sais me préparer. On a l’impression que le windsurf dans les vagues est avant tout un art, mais cela reste du sport de très haut niveau, nous faisons face aux meilleurs waveriders de la planète. Je connais désormais la formule pour vivre à 100% l’instant présent, être complètement concentré au moment M, celui où le heat démarre. Le but pour chaque sportif de haut niveau est d’être à 200%, au moment où il faut l’être.
C’est ça que j’ai essayé de réaliser sur la saison, même si je n’ai eu aucun heat facile et que les conditions d’entraînement dans le Nord n’ont pas été idéales. J’ai donc essayé d’optimiser chaque entraînement, chaque déplacement et ma préparation par rapport à ce que les conditions m’ont offert. 
Ce n’est qu’un début, avec ce ranking je devrais avoir des tableaux un peu plus simples l’an prochain. Cette saison 2022 va être un tremplin pour aller chercher encore de meilleures places ! 
 
- Quelles images marquantes garderas-tu en mémoire de cette saison PWA ? 
 
Franchement, le Cap-Vert m’a marqué… J’ai eu la chance de vivre de supers heats là-bas, au bon moment de la marée avec une petite houle. Le feeling au Cap-Vert était dingue ! Ma toute première étape de Coupe du monde était d’ailleurs à Cabo Verde, lorsque j’avais 17 ans. J’avais alors réussi à me qualifier sur le Tour principal.
Il y a une atmosphère complètement différente sur cet évènement, par rapport à Pozo, Sylt ou d’autres spots. On est sur une plage, la vague déroule juste devant toi, à chaque aérial tu entends les gens qui hurlent… tes potes peuvent même te coacher en hurlant sur la plage !
J’ai retrouvé le feeling des premières compètes, d’autant que pour ma première saison de Coupe du monde je suis parti avec Julien Taboulet, Wesh. Il est comme un frangin pour moi. 
 
Le fait que Julien soit venu cette année à Cabo Verde a créé une ambiance un peu old school sur cette compète, cela a tiré tous les Frenchies vers le haut. On a fait une super étape, c’était un kiff !
Les conditions de ride étaient géniales, notamment la première journée où j’avais d’ailleurs eu la meilleure note sur une vague de dingue. J’avais fait 4 ou 5 aérials et 4 turns, c’était hallucinant. Faire une compétition dans de telles conditions, c’est juste magique… 
 
Cela étant dit, toutes les épreuves étaient bien, j’adore la compétition ! 
Je voulais vraiment terminer dans le Top 10 cette saison, je le manque d’une place mais je compte bien l’atteindre l’année prochaine et jouer encore plus devant. 
 
-  Nos confrères de La Voix du Nord ont récemment titré sur le fait que tu t'offrais une seconde jeunesse... Tu l’as déjà un peu évoqué, mais ces performances en 2022 décuplent-elles tes ambitions pour les prochaines saisons PWA ? 
 
C’est exactement ça ! Le fait de vivre une saison aussi complète, au cours de laquelle aucun heat n’a été facile et où il fallait tout donner pour avancer – ce que j’ai réussi à quasiment tous mes heats -, est vraiment encourageant. Cela veut dire que la concentration est là, la motivation est là, la détermination est là, le niveau est là… Maintenant, à moi de m’entraîner encore plus fort pour performer encore plus dans les années à venir ! Quand je regarde des Thomas Traversa, des Ricardo Campello, des Victor Fernandez, ils ont entre 36 et 38 balais et sont toujours dans le Top 5. Moi, j’ai 32 ans, je ne suis plus un minot mais je suis loin d’être fini. Je n’en suis encore qu’au début dans ma tête !
 
- Désormais se profile le championnat de France Vagues 2022, organisé en Normandie entre mi-novembre et mi-décembre. Comptes-tu participer et si oui, quels y seront tes objectifs ? 
 
J’y participerai, je suis à fond ! L’objectif sera comme d’habitude de réaliser les meilleures performances possibles et d’aller le plus loin dans la compétition. J’espère que l’on aura de belles conditions, la Wissant Wave Classic 2022 est également en approche. Ce sera sympa de retrouver les potes, les Frenchies sur les events. Je me donnerai comme toujours à 200% ! 
 
- Tu viens de t'engager dans un projet vidéo avec Ludo Marquier. Sans trop nous en dévoiler puisque le tournage vient à peine de débuter, que peux-tu nous dire sur ce futur édit ? Comment le projet est-il né ? 
 
En effet, j’ai des projets en cours super intéressants, notamment avec Marius Brosset et Ludo Marquier. Avec Marius, ce sera une vidéo en lien avec le monde de la mine, puisque mes grands-parents étaient mineurs.
L’idée était donc de créer un rapprochement avec cette thématique et avec le Nord. C’est un peu différent de ce que l’on a l’habitude de voir, ça va être très sympa !
Concernant la vidéo avec Ludo, le but est de monter un projet qui ne s’adresse pas qu’aux windsurfeurs mais qui soit également artistique.  Ces deux projets m’emballent totalement !
La vidéo avec Marius est en phase de bouclage et sortira prochainement, celle avec Ludo sortira en fin d’hiver, on attend les grosses conditions pour shooter… 
La fin de saison s’annonce donc excitante, j’ai par ailleurs notamment un projet de trip dans les grosses vagues avec Thomas (Traversa). Je n’en dis pas plus mais il va y avoir des choses sympas dans les mois à venir ! 
 
- Quelque chose à ajouter ? 
 
J’ai déjà beaucoup parlé (sourire). Merci à tous mes partenaires pour leur soutien, merci aux gens qui me suivent et qui m’envoient des petits messages, cela fait super plaisir. Je reste toujours à 200% pour la suite !