Quand l'érosion du littoral dévoile les secrets enfouis de la Seconde Guerre mondiale

Partagé le 03/04/2025

Wissant, station balnéaire dans le Pas-de-Calais, subit une érosion accélérée, avec un recul des dunes et un niveau d'ensablement qui ne cesse de baisser. Et si ce phénomène fragilise la digue, il révèle aussi d'étonnants vestiges enfouis sous le sable, témoins du passé historique de la région.

"Avec l'érosion, on découvre des choses assez surprenantes, soulève Vincent Schmitt. Et ça, c'est ce qu'on appelle une porte belge qui est en réalité une défense de plage antichar."

Des vestiges du passé révélés par l'érosion

Ce vestige de la Seconde Guerre mondiale est la dernière découverte de ce guide touristique. Passionné d'histoire, Vincent sillonne régulièrement les plages du littoral. En 2018, il avait ainsi découvert l'épave d'un sous-marin. Plus récemment, ce sont les restes d'un bateau que les mouvements de sable ont mis au jour. "Ça, c'est le fond du bateau. On voit que c'était coupé entre temps", dit-il.

Au fil des marées, le sable couvre et découvre les vestiges du passé. Vincent souligne : "L'estran est plus bas ici que là, et on voit aujourd'hui que le sous-marin est complètement recouvert."


Un phénomène d'érosion qui s'accélère

Si ces découvertes attirent les passionnés et les curieux, l'érosion du trait de côte est de plus en plus marquée. En 70 ans, les dunes ont reculé de plus de 300 mètres et le niveau de sable a considérablement baissé. Pour y faire face, des opérations de réensablement sont organisées plusieurs fois dans l'année. Pierre-Edouard Davies, le maire de Wissant nous explique : "Combien ça coûte ? À peu près 15 000 € par rechargement. Comment ça se passe ? Des engins à marée basse vont prendre du sable pour le remonter devant la dune d'Aval. Et ça se fait à peu près, trois à quatre fois par an, selon les tempêtes annoncées et surtout les coefficients de marée."



Une bonne nouvelle pour ce village de 1.000 habitants qui peut désormais compter sur le soutien logistique et financier du pôle métropolitain de la Côte d'Opale, de l'intercommunalité et de la région. Et c'est dans ce cadre que la mairie prévoit d'installer, d'ici à l'hiver prochain, une caméra sur la digue afin de surveiller en temps réel l'évolution du trait de côte.

Mais la véritable avancée pour le maire de la commune est la signature en février dernier de l'AOT, l'Autorisation d'Occupation Temporaire du domaine maritime. "Dans l'autorisation d'occupation temporaire, il y a des plans qui sont proposés",dit-il. "Et c'est à nous, après, de les programmer dans le temps : doublement du nombre de pieux devant la dune d'Aval, les filets coco, les casiers coco, pour vraiment enfermer le sable et le maintenir sur notre dune et sur l'estran. Et tout ça se fera petit à petit, en sachant que cette autorisation signée depuis le 25 février est valable dix ans."

Des mesures concrètes pour contrer le recul du trait de côte